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Mardi 22 janvier 2008

De l’eau a coulé sous les ponts depuis que j’ai écrit mon dernier post (même si techniquement y’a pas beaucoup de pont, ni d’eau d’ailleurs où je me trouve, enfin bref…). Pour résumé mes aventures de ces derniers temps, je dirais dans le désordre et comme ça me vient à l’esprit, tout d’abord l’histoire de Pat’ l’Expat’ pata patapon !!!

 

« Bonjour monsieur RH, comment allez-vous ??? Très bien, merci, monsieur Michel si je vous ai fait venir aujourd’hui c’est pour vous proposer un nouveau poste dans notre cimenterie … au Caire … en Egypte !!! Ah bon, l’Egypte … il parle pas arabe là-bas ?!? »

 

Mais t’inquiète pas Monsieur Michel, t’es pas le seul expat’ au Caire. Et oui, le Caire compte parmi les plus grandes « colonies » d’expat’. (Ouais je sais colonie, ça fait un peu fort comme terme mais bon quand on voit les ghettos de richous qu’ils se sont construits au Caire, ça ressemble plus à la nouvelle Amérique qu’à Gizé !!!). Enfin bref, ici mon cher Pat’, tu vas pouvoir découvrir les joies de la vie enfermé dans un parc où y’aura que des gentils petits expat’ comme toi qui viennent de partout. La seule condition pour toi, c’est de parler Anglais ou du moins de faire semblant. L’accent français ??? C’est pas grave, ils parlent tous avec l’accent égyptien ici.

 

J’ai donc réussi à pénétrer l’espace restreint et très sélect des expat’ du Caire. Mais en fait, pour ça, il m’a juste fallu courir 8 km et boire trois pintes de bières (enfin je me souviens que de celle-là après j’ai arrêté de compter…). Je m’explique : Il existe un Club qui s’appelle HASH, du nom du patelin anglais où le premier club a été fondé. C’est un peu comme un Fight-club (pour ceux qui ont vu le film, pour les autres, c’est pas grave vous demanderez à ceux qui connaissent), ce club s’est multiplié et de nombreuses succursales se sont développées un peu partout dans le monde. A la différence du Fight-Club où le but est de se matraquer gentiment la tête, histoire de se défouler et libérer tout son spleen et tout son stress accumulé par nos journées de travail harassantes. Ici, il s’agit d’un club de course à pied pour gros buveur de bière, à moins que ce soit l’inverse… En gros, on t’emmène dans un petit coin de désert ou un grand parc quelque part dans les environs du Caire, tu cours beaucoup, un peu ou tu marches (à chacun son style, y’en pour tous les âges) puis pour se désaltérer et se filer des grosses crampe après ces quelques efforts, tout le monde se met en cercle et se met à chanter des chanson débiles en anglais et tout le monde a le droit de passer au milieu du cercle pour n’importe quelle raison, mais pour au final boire son grand godet de bière cul-sec devant tout le monde, histoire de donner une raison de plus à tout le monde de rechanter un coup la fameuse chanson à boire… Et oui, pour les grignonnais qui connaissent, c’est comme la trompette en bois (Et son Papa lui acheta une jolie trompette en bois, bois, bois, bois, bois, bois…). Résultat, je me suis retrouvé entouré de plein d’anglais et autres américains bien joyeux de tout âge, et y’a pas à dire, ça fait quand même du bien de boire un coup et de parler avec des gens qui ont une culture et un imaginaire collectif plus proche des siens. Après, tout est allé très vite, j’ai été invité à boire un coup et prendre une douche chez un gros américain qui adorait John Wayne, puis on est allé dans un resto chinois où les serveurs égyptiens se bridaient les yeux avec du rimmel. Ensuite je sais plus trop comment j’ai atterri dans une baraque immense en plein milieu de Maadi (le quartier top chicos du Caire). Y’avait un groupe de rock, plein de jeunes qui buvaient de la bière et parler tous un américain dont le volume avait tendance à monter plus la soirée avançait. Résultat : Une très bonne journée et une très bonne soirée, qui paraissent complètement surréelles et hors du contexte habituel où je vis. Mais y’a pas à dire, ça fait un bien fou de se lâcher de temps en temps. Même si ça me rend triste de voir que des gens qui travaillent en Egypte depuis des années ne parlent pas du tout égyptien et se contente de rester cantonner dans leur petit monde de privilégiés. Ca manque un peu d’ouverture d’esprit tout ça quand même mais bon, je sais maintenant à quoi ça peut ressembler l’expatriation.

 

A part ça, j’ai aussi passé une semaine tip-top géniale en compagnie de ma sœur pour noël. On se levait tous les jours à pas d’heure (bouh, c’est pas bien !!!) on visitait tranquillos le Caire à notre rythme sans aucune pression. On se faisait des restos trop bons, on prenait l’apéro tous les deux dans notre chambre au plafond de 5 mètres et aux couleurs super flashy (Imaginez un immense appartement haussmannien qu’on aurait jeté dans un pot de peinture rose). On a donc dépensé plein d’argent, et c’était trop bien, on a fait plein de shopping, on a dévalisé quelques boutiques et on s’est payé LE palace du Caire pour Noël. Au programme, piscine, salle de muscu, espace VIP open-jus de fruit et autres collations à volonté, pour finalement réveillonner dans un resto japonais avec un menu spécial sushis à volonté, et dépenser nos sous dans les machines à sous. Bref un Noël qui ressemble à tout sauf à un Noël mais qu’au moins on est pas près d’oublier !!!

 

Je suis en suite retourner dans mon petit désert où beaucoup de travail m’attendait… Après avoir récolter des centaines de kilos de carottes, de haricots verts et de tomates, j’ai du les compter, les peser, les mesurer, les analyser pour obtenir au final plein petits graphiques sortis tout droit de mon petit logiciel de statistique… Youpi !!!

 

Enfin pour finir, après moult entretiens téléphoniques, j’ai réussi à décrocher le stage qui tue et dont j’osais même pas imaginer l’existence. Je vais faire un stage en analyse sensorielle chez Pernod Ricard, sur devinez-quoi ?!? Le pinard (, parce que le pinard c’est obligatoire comme dirait mon parrain…). Elle est pas belle la vie même pas besoin d’attendre l’apéro le soir à la maison, on peut déjà commencer au boulot !!! Mais je vous rassure, les vins que je vais tester sont désalcoolisés (noté la différence, ce ne sont pas des vins sans alcools, on leur à juste retirer quelques degrés (pas plus de 2°) pour que nos petites dames de la ville puissent elle aussi se mettent la tête à l’envers sans penser aux kilos qu’elles vont prendre, ni au mal de crâne qu’elles auraient avec un bon gros rouge un peu trop charpenté à leur goût.) Et oui, le commerce et le marketing sont partout !!! Mais bon je m’en fous, je suis trop content…

 

Sur ce, je vous dis à la revoyure, puisque je rentre dans un mois. Peut-être que si j’en ai le courage, je vous raconterai d’autres histoires, d’ici là !!!

Par Dawood
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Lundi 17 décembre 2007

« Y s’la prend, y s’la baise, Tripote-moi la bite avec les doigts, Y s’la prend, y s’la baise, dans le foin qu’était là, dans le foin qu’était là… » Aaahhhh !!! Que la chanson française me manque… Du coup, je savoure le plaisir de pouvoir la chanter à tue-tête au milieu de grands yeux ébahis qui ne comprennent rien et à qui j’essaye tant   bien que mal d’apprendre les paroles !!! Je sais, c’est pas bien mais c’est tellement marrant !!! J’aurais pas souvent des occasions comme celle-là : Partager la culture française est donc pour moi un devoir !!! Au diable, les varices (comme on dit dans le 93 !!!)… DSC03844.JPG

 

“ I’m so excited, and I just can’t hide it, I begin to lose control but I think I like it…”. Une autre référence qui traine dans ma tête, beaucoup moins française certes, mais reflétant très bien mon état d’esprit du moment. En effet, ces derniers jours ont été pour moi bien rempli. Après avoir donné quelques instructions à mon pote Abdo, j’ai quitté mes tomates et mes haricots verts, non sans laisser quelques larmes (sachant qu’à mon retour ils ne seraient plus là, mais sûrement dans le ventre de plusieurs centaines d’égyptiens !!! Que c’est dur de voir partir ses petits…). Bref, je suis donc parti de très bonne heure (4h du mat’) avec un camion qui transportait des arbres jusqu’au nouveau Campus de l’Université Américaine au Caire. Une fois au Caire, j’ai dormi une heure sur le trottoir en attendant que le bureau ouvre, mais heureusement le gardien est arrivé et m’a réchauffé le cœur et le corps avec un bon lait chaud et des petits gâteaux. (C’est dans ce genre de cas que parler arabe vous sauve la vie, je me la pète encore, je sais !!!). Mes collègues du Caire sont donc finalement arrivés et on a pu charger le microbus pour 13 heures de trajet au milieu du désert sur des routes aussi droites et monotones que Death Valley aux Etats-Unis pour ce qui connaissent !!! Direction l’Oasis de Farafra plus connu pour son désert blanc que ses plantations, même si nous on y allé plutôt pour la deuxième raison. Heureusement mon pote Harry Potter m’a tenu compagnie ainsi que mes compagnons de galère : Tina, l’Allemande responsable du projet avec Jessica, l’Américaine, ainsi que Scott, le petit dernier qui vient aussi des Etats-Unis. Malheureusement pour moi, Harry Potter est mort pendant le trajet, j’ai donc été forcé de regarder le sable défilé sous mes yeux, ce qui n’est pas forcément désagréable quand on sait que c’est un des plus beaux désert du monde !!! On est donc finalement arrivé à destination ; le temps de récupérer l’usage de mes jambes, j’ai pu découvrir la très mignonne petite maison blanche qu’ils ont fait construire là-bas. Trois pièces, une salle de bain, une cuisine et une petite terrasse entourée d’un filet anti-moustique qui se trouvait être en réalité notre chambre avec Scott !!! Ce fut avec une joie intense que j’appris qu’on avait atterri dans un endroit encore plus paumé que là où je suis d’habitude… Ici, pas d’eau courante, pas d’électricité en dehors de 18h et 23h, mais des sources d’eau chaude qui comblent largement ce manque. Ici, le véhicule privilégié est la mule !!! Du coup, à coté du village, il y a un deuxième village rien que pour les animaux. C’est trop mignon, c’est tout plein de petites maisons en paille et en terre, où les animaux vivent la nuit !!! On comprend mieux pourquoi ils font ça quand on découvre que ses voisins n’ont pas assez d’argent pour se payer une maison pour leurs têtes de mules et qu’elles hurlent largement toute la nuit… Heureusement leur coq met fin à ce supplice en prenant la place des mules vers 5 heures du mat’ pour accompagner les haut-parleurs de la mosquée situé deux maisons plus loin !!! Finalement, heureusement qu’ils sont là pour vous tenir éveillé parce qu’avec le froid qui règne dehors (5°C grand max) c’est plus facile de tomber en hypothermie que de s’endormir. Finalement après avoir passé une relative bonne nuit sous mes quatre couvertures et mon sac de couchage (la fatigue du trajet aidant !!!), nous sommes partis visiter les alentours. But du voyage, faire une cartographie des champs cultivés en Hiver grâce à notre cher GPS (Comment on dit GPS en arabe ?!?). Evidemment, ils nous ont un peu pris pour des extraterrestres mais bon on a l’habitude. Voilà, on a donc passé nos deux jours là-bas à se balader parmi les champs tout en discutant avec les paysans de la pluie et du beau temps (attention, blague désertique !!!). C’est impressionnant de voir autant de verdure, concentré en plein milieu de nulle part. Quand on sait combien de déserts on a traversé pour arriver là, on se demande comment des êtres humains ont pu atterrir là-bas !!! Le soir venu, les sources d’eau chaude se transforment en piscine municipale !!! Savouré une eau à 40°C tout en observant les étoiles filantes qui se faufilent parmi un ciel tellement chargé d’étoiles qu’il est impossible de reconnaître la Grande ou la Petite Ours… Et là, bercé par la douce chaleur de ces eaux, on se dit qu’on pourrait bien rester beaucoup plus longtemps dans ce petit coin perdu au fin fond de l’Egypte !!! DSC03845.JPG

Ki ki veut du poisson frais ?!?
Par Dawood
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Dimanche 9 décembre 2007

Et oui, ça y’est l’haricot vert nouveau est arrivé !!! J’ai visiblement insufflé suffisamment d’amour dans mes petites plantes pour qu’elles me le rendent si bien. Près de 300 kg d’haricots verts pour la première récolte, j’aurais jamais pensé voir autant de haricots de ma vie. Je voulais m’en faire une piscine comme Picsou mais je me suis dit que ça serait crevant de creuser la piscine puis je voulais pas courir le risque de boire la tasse, ça risquerait de faire mal. Je me suis donc résigné à les vendre. Brb,et,jte’w u, (Pardon, y’avait un moustique sur mon clavier…). Je disais donc que je vendais des haricots verts. Et oui, tel le batman de Gotham City ou bien le Robin des Bois de Lockwood, je me suis à prendre aux riches pour donner aux pauvres. Comprenez bien qu’ici au DDC, ils en ont de l’argent je le sais parce que vu le nombre de gens qu’ils payent à rien foutre, c’est qu’ils ont pas besoin de restriction de budget, tant mieux pour les veinards flemmards… Du coup, je me suis dit que j’allais fixer mes prix … à la tête du client !!! Pourquoi pas ?!? Ils font tous ça en Egypte, alors vu que maintenant il m’appelle tous David l’égyptien et que les rares gens que je croise, qui ne me connaisse pas au moins de nom, ne croit pas quand on leur dit que je suis pas égyptien (je sais je me la pète mais faut bien le faire soi-même sinon ça marche moins bien … vous imaginez si quelqu’un vous la pétait, ça rimerait à rien, on comprendrait plus le sens de la phrase). Du coup, je me la fais à l’égyptienne, un peu comme les taxis du Caire. 1 livre le kilo pour les gens du village d’à coté, 2 livres le kilo pour les ingénieurs, 5 livres le kilo pour les gens du Caire… Bien sûr y’a eu quelques réclamations au début parce que les gens (intéressés) me disaient : 1 livre le kilo, mais c’est pas assez du tout, il faut au moins 2 voire 3. (En arabe, bien sûr !!! Oui, je continue à me la péter !!!). Sur ce, je réponds dans un arabe approximatif, mais très compréhensible visiblement (J’essaye d’être humble mais je me la pète toujours !!!). Les haricots, c’est moi qui les ai plantés d’abord, j’ai donc le droits de fixer les prix que je veux, surtout que je les fais pour un salaire de 0 livres par mois. De plus, les gens qui me demandent des haricots travaillent ici, et habitent dans le village voisin, on peut pas dire qu’ils roulent sur l’Or (jusque là ils acquiescent mais semble sceptique), de plus tout l’argent que mes légumes rapportent, il revient au Training Center, donc à vous. Je vous donne la moitié de la production à vendre au Caire au prix que vous voulez, si vous y arrivez pas, c’est pas de ma faute !!! (Là, généralement ils s’écrasent et se disent que ça fait chier que je sois étranger et le petit chéri du Dr. Rick, que je parle arabe et qu’il ne puisse pas m’entourlouper ou alors que tout simplement j’ai raison !!! Mais qu’est-ce que je peux me la péter grave !!!). Voilà, du coup je dois être le seul paysan du monde à être content de vendre ses haricots verts au prix le plus bas du marché, et la je peux encore me la péter parce que je suis un être unique… lol. Vous allez me dire que je suis pas vraiment un paysan, mais bon ça c’est une autre histoire !!! Bon allez, je vous la raconte. Ce matin, j’étais en train de prendre mon petit déj’ avec un des ingénieurs de la production animale quand il me demande ce que mon papa fait dans la vie, je réponds dentiste, il fait Oh !!! puis il me demande si maman travaille, je réponds très fier, Médecin, il refait Oh !!! encore plus impressionné puis là, il change de ton et me dit d’un air de reproche mais pourquoi je suis ingénieur agricole ??? Alors je lui réponds pourquoi pas ? (vexé par le ton utilisé, par la confusion entre agricole et agronome et puis parce que cette question, on me la déjà posé des millions de fois et que de toutes manières l’ingénierie en France et en Egypte ça a rien à voir et que malgré mes explications ils ont du mal à sentir la différence). Il me répond Ok, puis enchaine sur Nous en Egypte, on essaye tous de travailler dans autre chose que l’agriculture parce que c’est pas vraiment terrible et c’est très commun. J’avais envie de lui dire que faire la traite tous les matins, ça restait de l’agriculture pour moi et que son titre de docteur Phd j’avais du mal à comprendre d’où il le sortait vu qu’il sait même pas ce que c’est une insémination artificielle (rapport à une autre discussion sur l’agriculture en France où j’essayais de lui expliquer que les paysans français étaient obligés de faire une école de 3 ou 5 ans pour être paysans tellement c’était dur de tenir une ferme aujourd’hui en France !!!). Mais bon je me suis abstenu parce que j’étais un peu résigné. C’est vrai ça, pourquoi la France a un système scolaire si difficile à expliquer ? Ils ont pas pensé aux pauvres élèves ingénieurs qui doivent essayer d’expliquer leur différence à travers le monde entier et ce, dans toutes les langues du monde… L’élitisme, c’est pas facile à vivre tous les jours (je me la pète encore, mais bon là c’est presque du chauvinisme !!!). Voilà pourquoi je suis fier d’être « Fellah » ou paysan pour ceux qui ne sont pas bilingues en arabe (je continue de me la péter vous avez compris !!!). Vive la paysannerie, même si ça veut pas dire que j’aime la confrérie paysanne et le gros moustachu non plus.
 

Voilà sur ce, je vous laisse et espère que cet article inutile aura au moins réussi à vous arracher un sourire en vous faisant vivre mes aventures petit déjeuniales trépidantes…

 

Gros bisous à tout le monde et bises sur la fesse gauche pour les intimes (je laisse le soin à chacun de se reconnaître dans mes intimes ou pas !!!)

Par Dawood
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Mardi 4 décembre 2007
 

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Le Caire est une grande ville !!! Cette semaine en est la preuve. Nous avons parcouru un certain nombre de kilomètres parmi les dédales des rues, noyés dans une foule mi-Cairote, mi-touristique. Les chaussures de Maman ont pris une drôle de teinte grise, les pieds de Papa ne manquent pas de lui rappeler toutes nos longues marches, quant à moi mes chaussures étaient déjà bien usées par le sable du désert. Il y a deux choses qu’il faut accepter quand on décide de visiter le Caire : La première est d’accepter parfois sa condition de touriste ; ne pas avoir peur de donner des gros billets pour visiter des trucs qui parfois ne valent peut-être pas grand-chose en fait, ne pas avoir peur de laisser des bakchichs à des guides improvisés, non désirés et surtout inutiles, et finalement ne pas oublier que donner un gros billet de 100 livres ne revient finalement qu’à se délester de 12 euros. Si on pouvait inviter ses potes au resto pour 12 euros en France, ça se saurait et mine de rien ça serait génial !!! La seconde chose à accepter est que le Caire est une ville qui a peut-être servi d’exemple pour construire le labyrinthe du Minotaure. Dès qu’on ose s’aventurer en-dehors des grands axes, c’est une chose inéluctable, on se perd. Mais la perte de son chemin est souvent compensée par la découverte d’un Caire plus vrai, différent des photos qu’on voit dans les guides. On y trouve la pauvreté, les colères, les joies, les jeux, les scènes de tous les jours. L’espace d’une rue les rôles s’inversent et vous devenez l’attraction touristique !!! Parler égyptien est d’un grand secours dans ce genre d’excursion, cela permet de nombreuses rencontres plus ou moins fructueuses car la plupart des Cairotes connaissent aussi bien le Caire que vous… Cependant dans la majorité des cas, il n’est pas question de bakchichs, ni de Hello my friends look the real egyptian bazar, simplement une aide gratuite et un sourire de satisfaction. Il faut donc avoir la foi et se laisser porter par le hasard des rues et des rencontres.

 

Une autre constatation assez difficile à admettre je l’avoue est que bizarrement la période la plus touristique de l’Egypte n’a pas vraiment de sens quand il s’agit du Caire. En effet, les rencontres avec les cars de japonais et autres européens sexagénaires n’ont pas été nombreuses. Même les pyramides que nous avons vaillamment visitées à pied* n’étaient pas bondées. (* les chameaux n’ayant pas vraiment l’air commode, les chevaux un peu nerveux ; mettre un pied devant l’autre était donc amplement suffisant). Pour une somme dérisoire de 1,5 livres par personne en utilisant des moyens de transports à l’égyptienne que même le « Guide du routard » n’ose pas décrire dans son  « comment y-aller ? » nous avons réussi à rejoindre ces géants du désert. Quel plaisir d’entendre ses parents vous dire que les trajets en micro-bus ne sont pas si terribles et que leur confort n’est pas si loin de celui des taxis pourtant 20 fois plus chers. Entre baroudeurs, on se comprend !!!

 

Au final, cette semaine est donc passé beaucoup trop vite. Elle s’est terminée par une visite de mon lieu de travail où tout le monde était en admiration devant les fameux parents de David. La beauté de Maman était le principal sujet de conversation de toutes les filles qui n’ont pas cessé de me le répéter, Papa lui a eu le droit à de simples commentaires sur sa petite taille. Lol. C’est sûr qu’à coté des gros égyptiens au bide tout rond et au gros bras, on a l’air de freluquet. Comme ça, au moins ils comprendront mieux de qui je tiens et que même en le voulant très fort, j’aurais du mal à obtenir le profil pondéral égyptien…

Mes parents viennent donc maintenant d’atterrir à Paris, en laissant derrière eux un fils content d’avoir pu leur faire découvrir un pays qu’ils ne connaissaient pas et sous un angle bien différent de celui qu’on voit dans les guides. Un Caire plus vrai en mon sens avec ses qualités et aussi ses défauts.

Par Dawood
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Mardi 6 novembre 2007
(Durée: ***** Attention très long, à lire !!!, Difficulté: *)
 

Marre de votre facture d’eau qui ne cesse d’augmenter, marre des banquiers qui comprennent jamais rien à rien, marre des assurances qui coutent bonbon, marre d’entendre parler que de Sarkozy et de violence à la télé, marre d’être stressé par la masse prolétaire qui se presse dans les couloirs du métro, marre de la RATP, la SNCF, la SFR et toutes ces usines à fric (au nom imprononçable si vous savez pas que ce sont des abréviations ; essayez, vous verrez…) qui sont incapables d’assurer une cacahuète de ce qu’elles promettent si ce n’est qu’elles se trompent jamais pour votre facture, marre de payer 5 euros pour vous ruiner la santé à coup de dioxyde de carbone, marre de payer 2 euros pour rester éveiller, marre de payer 1 euro pour éponger votre café, marre que le PSG ne soit bon qu’à Partir Sans Gagner, marre que vos artistes préférés ne fassent pas de concerts à moins de 60 euros la place, marre que le cinéma vous coûtent aussi cher que 10 litres d’essence, marre des gens qui râlent tout le temps, marre des gens qui sont jamais content, marre des gens qui en ont marre, marre d’en avoir marre…

 

Et bien … c’est simple je peux pas vraiment vous aider, j’ai pas encore trouvé la solution à tous ces problèmes mais en tout cas, je vous assure que j’y travaille… En attendant je profite de la nature, du soleil qui chauffe la peau, du vent frais qui transporte la douce odeur du sable chaud, du thym, de la lavande et du romarin, en fermant les yeux je peux presque entendre mamie Lydia qui crie Loulou !!! Et non je ne suis pas à Callas (la maison de mes grands parents pour les incultes…), mais bien au milieu du désert et on s’y sent parfois si bien, qu’on s’y sent un peu comme chez soi.

 

Je comprends qu’on puisse apprécier un bon cocktail assis les fesses au frais dans une piscine dans laquelle 30 gamins ont sûrement fait pipi rien qu’aujourd’hui, tout en matant les fesses de la serveuse qui s’éloigne avec un pourboire équivalent à la moitié de son salaire. Quelle joie de découvrir les antiques bâtisses des seigneurs esclavagistes qui régnaient tels des dieux sur le pays du papyrus, il y a 4000 ans déjà, tout en profitant des odeurs du polo Nike du gros américain devant vous qui s’enfile son troisième litre de Coca de la journée à grand coup de SLURP bien bruyant (mais qui a inventé la paille en plastique ?!?) et qui vous empêche de comprendre un traitre mot de l’excellentissime anglais de votre guide égyptien. Dommage il parlait justement de Champillion, Le Français qui a découvert la pierre de Rosette… C’est pas très grave de toute manière personne sait ce que c’est la pierre de Rosette ; pourvu qu’il en finisse qu’on puisse aller sauter dans la piscine de l’hôtel. Bon bah demain, on va visiter le musée du Caire ; avec ça, on aura fait le tour de l’Egypte !!! Mais quel dommage, que justement elle ne se résume qu’à ça pour la plupart des gens qui visitent l’Egypte. Ah le tourisme n’est que chimère parfois ! Les trésors de l’Egypte se résume en trois mots : L’histoire, Le Nil et Le Peuple. Dommage que ce dernier ne soit pas apprécier à sa juste valeur, il y a tant à découvrir… Mais ne vous inquiétez pas car tonton David est là, et il va tout vous raconter…

 

Tout commence à peu près comme partout, des frôlements, des corps en sueur, des étreintes qui se resserrent, des cœurs qui s’accélèrent, des mains qui s’unissent, des cris étouffés dans des oreillers, la suite, on la connaît un bon pipi et hop au dodo… Puis vient un jour où comme partout, un petit être voit le jour (voir, c’est un bien grand mot, disons qu’il y voit comme une taupe sortie de son terrier ; délicieuse comparaison, je sais !!!). Bon après il grandit, apprend à parler une drôle de langue puis va à l’école. Là-bas, il découvre les joies de l’apprentissage, de l’écriture, d’une drôle de langue qui s’appelle l’anglais. Puis il devient grand et selon l’endroit, si il a de la chance, il finira à l’université du Caire pour finir un beau jour ingénieur, si il a moins de chance il arrêtera l’école à 12 ou 13 ans pour travailler dans la ferme qui fait vivre tout son village. Je dis « il » mais tout s’applique également aux demoiselles pour l’instant. C’est après que les différences surviennent. Tout d’abord, les dames, soyons galant. Si madame est musulmane, elle aura le choix de porter ou de ne pas porter le voile, mais attention ce choix est définitif. Et Dieu sait qu’il est tentant pour une petite fille de porter le voile pour faire comme les grandes. Et oui, on veut tous grandir trop plus vite quand on est petit. Si madame est orthodoxe, pas de voile, tout ressemble à peu près à ce que l’on peut voir chez nous.

 

Tous les ans vient le Ramadan, quand la lune à la parfaite forme du croissant que vous pouvez voir sur les drapeaux. Un mois sans manger, pour montrer à Allah qu’on peut être patient. Les orthodoxes aussi ne sont pas épargnés, ils font aussi un jeûne pendant 55 jours, pas de viande, pas de poissons, rien d’animal en somme.

 

Ensuite vient le temps des amours, et comme partout c’est difficile enfin peut-être un peu plus ici !!! Il faut savoir que les fiançailles sont monnaies courantes ici, tout comme le mariage d’ailleurs. Forcément quand on sait que l’Islam vous donne quatre chances de trouver la bonne personne ça refroidit moins les ardeurs vis-à-vis du mariage. De plus, comme les filles doivent être vierges pour le mariage, cela explique pourquoi ces messieurs sont souvent pressés de se marier. Le plus dure réside donc dans tout ce qui précède le mariage. L’abordage, la découverte, la conquête. Comment avouer ces sentiments à une fille qui ne laisse jamais transparaitre ces sentiments (qu’ils soient bons ou mauvais) et à qui on ne peut même pas tendre la main pour lui baiser la main ??? C’est donc souvent après « moults rateaux dans ta tronche » que monsieur et madame se trouvent enfin. Vous voyez donc qu’ici il semble que c’est madame qui dirige un peu la danse. Oui, et non. Car bien qu’elle puisse dire non à toutes les avances, cela ne dure en fait qu’un temps. D’une part, une fille non mariée après 25 ans, c’est mal vue, et d’autre part, il y a souvent des pressions familiales qui ne permettent pas toutes les unions. Voilà, vous comprenez maintenant pourquoi les filles sont le premier centre d’intérêt de tous les égyptiens, et ce à n’importe quel âge, car rien ne les empêche de se re-marier, héhé !!!

 

La question récurrente et qui revient sans cesse est donc  « êtes-vous marier, fiancer ??? » puis « comment trouvez-vous les filles égyptiennes ??? ». Mais surtout ce qui vous frappe le plus, c’est leur sourire et leur humour. Les égyptiens ont un sens du contact et une sociabilité exemplaire. Sinon comment expliquer que j’ai plus d’une quinzaine de potes au Caire et plus de 50 nouveaux contacts qui m’appellent de temps en temps, juste pour me dire coucou !!! Je n’ai rien d’exceptionnel, je ne pense pas, c’est dans leur nature. Les Egyptiens considèrent l’amitié comme une des choses les plus importantes dans leur vie. Une chose qui surprend au début: lorsqu’ils vous disent « je t’aime ». Ils ne sont pas gais, c’est juste que pour eux, je t’aime veut dire « tu m’as manqué », « je t’aime comme un frère », ou tout simplement « je t’apprécie ». C’est donc ça qui les rend si attachant, mais attention ils sont extrêmement sensibles et émotifs si vous ne les appelez pas ou ne leur rendez pas visite, ils vous le feront savoir. Mais en contre partie vous découvrirez leur hospitalité, ils vous accueilleront toujours comme un prince et pour peu que vous parliez un peu arabe, ils vous traiteront comme un des leurs.

 

Bon en gros l’Egypte, c’est super cool, et je sais pas trop comment l’expliquer mais vous l’avez compris, j’espère que ces quelques lignes vous auront tout de même éclairer…

 

Voila, à part qu’ici on peut s’encrasser les poumons pour 30 centimes d’euro, on peut manger une pizza pour 3 euros, on peut prendre le taxi pour 15 centimes, on peut dormir à l’hôtel pour 7 euros, (ça fait quand même bizarre de se sentir riche quand on l’est pas vraiment dans le fond !!!). Tout est presque comme à la maison, et on comprend pourquoi ils aiment tant la France quand on voit que leur quotidien les entoure d’énormément de marques françaises.

 

Sur ce, je dirais merci à Napoléon et vive la Cinquième République française, et aussi vive les croissants au beurre et la Tour Eiffel parce que y’en a pas ici… Je souhaitais aussi dire merci à mon père et à mère sans qui je ne serais pas là à déblatérer toutes mes imbécilités: chapeaux les gars, continuez comme ça !!! Voilà, à tchao, bon dimanche…

Par Dawood
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Jeudi 1 novembre 2007
Veillez excusez ma si longue absence, mais j’étais fortement occupé par mes petits légumes ces derniers temps. Oui, en fait, le truc c’est que je sers un peu de vitrine au DDC. Je vais vous expliquer pourquoi plus tard. Et comme personne n’est vraiment trop capable d’expliquer correctement le but de mon expérience, qui n’est pourtant pas extrêmement compliqué quand même il faut l’avouer mais bon… J’étais donc obligé de rester là-bas pour présenter mon expérience à tous les invités de marque qui viennent visiter le DDC. Il y a tout d’abord eu des journalistes américains qui sont venus (un grand costaud qui avait l’air idiot et qui posait tout le temps des questions, et une belle photographe qui avait pas trop l’air à l’aise avec le monde rurale, une chochotte en quelque sorte, lol), j’ai eu aussi la visite d’un prince des émirats (il ressemblait à un n’importe quel quidam et était plutôt cool, n’empêche il a quand même aligné pas mal de Benjamin Franklin au DDC), y’a ensuite eu un professeur français qui venait de l’école de Beauvais (célèbre pour ses ovalies pour les connaisseurs !!!), youpi Cocorico !!! Ca fait quand même du bien de pratiquer sa langue maternelle et d’entendre le « typical french accent » en anglais, même si ca fait froid dans le dos de voir qu’on doit chercher certains mots en français quand ils viennent si facilement en anglais ou en arabe. Puis finalement y’a eu une jolie danoise qui s’appelait Karen qui m’a interviewé devant mes petits légumes pour la radio. Et dans la foulée, j’ai été filmé par une boite australienne qui fait des reportages et les vend ensuite à toutes les chaines de télévision qui sont intéressées par leur reportage. Ainsi il parait que je suis passé à Al Jazeira… La classe !!! Si vous êtes comme moi, vous vous posez peut-être la question : pourquoi tous ces gens s’intéressent à mes petits légumes qui n’ont quand même rien d’extraordinaire ?!? Et bien après avoir enquêté discrètement je me suis rendu compte de la réalité de l’établissement dans lequel je me trouvais. Le DDC n’est plus comme son nom l’indique un institut de recherche. Je veux dire par là qu’aujourd’hui il se contente de faire vivre la ferme comme n’importe quelle ferme dans les environs. Il n’y a plus à proprement parlé de projet de recherche si ce n’est les projets de recherche menés par les quelques étrangers qui travaillent au DDC. Autrement dit, mes petits légumes et le projet de développement de l’Oasis de Farafra au sud de l’Egypte encadré par Tina ( une allemande super cool), Jessica et Joseph ( deux américains fort sympathiques). C’est donc pour cela que je suis un peu la vitrine du DDC, car je représente la seule chose qui sorte un peu de l’ordinaire au milieu de ma grande ferme. Du coup, tout doit être parfait, ce qui représente donc pas mal de boulot. Mais bon de toute façon je suis pas venu pour compter les nuages dans le ciel (ce qui m’occuperait pas beaucoup de toute façon vu comme ils sont nombreux, lol !!!). Je préfère bosser pour quelque chose qui intéressent les gens, c’est quand même beaucoup plus plaisant et ça aide un peu à tenir quand on se sent un peu tout seul au milieu de ses pieds de tomates et qu’on pense à tous les gens qui nous manquent. Bah oui, faut bien déprimé un peu de temps en temps, on peut pas quitter tous les gens qu’on aime et se sentir toujours frais comme un gardon. 
Mais bon heureusement qu’il a toujours des heureux évènements pour vous rendre le sourire comme un mariage,
 

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une rave-party au milieu du désert avec ses potes égyptiens,

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des découvertes culinaires à base de foies de volailles (bon appétit bien sûr !!!),

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des visites de ferme avec des champs de patates sans fin 


et des rétroviseurs immenses,

DSC03632.jpg des rangées de culs, 
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des levers de soleil impressionnant 
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et même un jour avec presque de la pluie...
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Et pour finir, c’est avec une immense fierté que je vous présente mon petit bébé, mon nouveau-né, mon tout petit, le premier fruit de ma chair…
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Ma première tomate !!! Et oui, ici les tomates elles poussent en hiver, ca vous la coupe !!!

PS : Passez mes amitiés à la femme de sarkozy !!! Tout le monde se fout bien de sa gueule avec ça ici !!!
Par Dawood
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Samedi 13 octobre 2007
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Revoici des nouvelles de votre explorateur du monde égyptien. Je n’ai pas pu donner de nouvelles ces derniers temps car j’étais beaucoup pris par mon projet et que je n’ai pas pu retourner au Caire. Mais du coup, j’ai eu l’occasion d’être moult fois invité à manger chez l’habitant, et ça, C’est vachement COOL !!! J’ai eu l’occasion de découvrir des petits villages rikiki dans la boite à biscuit avec des maisons assez rikiki aussi mais pas tant que ça. La plupart des maisons possède un salon, salle à manger et salle à coucher pour certains. C'est-à-dire une grande pièce avec des tapis par terre, plastique ou textile, ça dépend aussi du portefeuille je présume. Ensuite tout autour de cette grande pièce, il y a des canapés et des fauteuils, dans le pire des cas, y’a juste des coussins par terre. Ensuite on peut trouver des lits dans cette même pièce qui sert donc de chambre à coucher pour les enfants et les grands parents. Les parents ils ont quand même leur chambre à part dans les plupart des cas. J’ai vu un peu de tous les styles, des maisons super riches avec des dorures sur toutes les boiseries d’autres où la maison ressemble plus à un cube de béton qu’à autre chose et d’autres où y’avait des brebis et des poulets dans l’entrée (c’est dans ce genre de cas que tu comprends l’utilité de l’encens si tu veux pas manger avec l’odeur des crottes de moutons !!!). Quand vient l’heure du manger, tout le monde s’agite dans tous les sens (et oui c’est le ramadan alors on a les crocs, ceci étant ils sont plus actifs pour manger que pour travailler dans mon champs, lol !!!) une ou plusieurs petites tables basses rondes apparaissent et se couvrent de milles et une choses à manger, c’est fantastique !!! Tout le monde s’assoit autour de la table et mange avec ses petits doigts… Attention quand je dis tout le monde, là aussi ça dépend. Dans certaines familles, tout le monde mange ensemble, dans d’autres les femmes mangent pas avec les garçons parce que c’est pour pas inconforter ses invités mais bon aussi parce que c’est écrit dans le Coran, il faut pas l’oublier. J’ai donc eu l’occasion de gouter un peu toutes les cuisines, et ma foi elles sont toutes très bonnes cuisinières ces égyptiennes… Enfin gouter est un euphémisme parce qu’ici il faut gouter jusqu’à exploser et puis faut pas faire de pause, il faut pas s’arrêter de manger, du coup le diner est fini en à peu près 15 minutes... Du coup, des fois, c’est pas toujours facile de faire plaisir à ces hôtes quand tu as déjà mangé une assiette de riz, de pates et qu’il t’en resserve une, que tu dois finir bien sûr si tu ne veux pas les vexer. Finalement, le Ramadan c’est un peu le réveillon de noël tous les jours !!! Toutes ces pérégrinations dans le monde agricole perdu du fin fond du désert m’ont donné l’occasion d’adopter le style vestimentaire égyptien, c'est-à-dire la Galabeya, sorte de Djellaba, à la mode égyptienne. Je me suis donc fait faire une magnifique Galabeya sur mesure et je l’adore !!! C’est super confortable et puis tu passes inaperçu parmi la population, sauf que tout le monde me connaît donc j’étais plutôt le centre de tous les intérêts pendant un moment, mais maintenant ça va il m’appelle « David El Masri », David l’égyptien ou parfois « Abu Dawood », le père David, ce qui est un compliment sachant que Dawood était un prophète !!!

Finalement je dirais que les égyptiens ont vraiment un sens de l’hospitalité impressionnant qui rend parfois triste quand je pense à la vie solitaire et froide que l’on peut vivre à Paris. Ici, il n’y pas que le temps qui est chaud, il se dégage aussi une réelle chaleur des toutes ces personnes qui ont pour la plupart le cœur sur la main. Et ça, ça fait du bien quand je me sens un peu seul et que tout le monde me manque en France…

Comme on dit chez nous,  « Salam maleikum wa rahmat Allah wa barakatou » Que la paix soit sur vous, la miséricorde de Dieu et sa bénédiction. C’est plutôt joli comme façon de dire « bonjour »…

Par Dawood
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Mardi 25 septembre 2007

Mon Week-end à la Campagne !!!

Ce week-end, j’étais invité chez un copain d’Abdo qui possède une ferme dans le désert pas très loin de là où on travaille. (C’est-à-dire une centaine de kilomètres). On est donc parti au Caire jeudi avec  Dr. Rick, qui était venu voir la ferme ce jour-là.  Une fois mes affaires posées dans mon hôtel favori de pyramids street, je démarre mon WE par un gros dodo !!! Le soir, on est sorti boire du thé, fumer des chichas et jouer aux dominos dans un Café jusqu’à trois heures du mat’ comme dab’ (Je sais que ça a pas l’air très funky comme ça, mais en réalité c’est quand même sympa ; c’est un autre style de vie, ici !!!). Fut ainsi prise la décision de partir le lendemain soir dans la ferme de notre copain. Bien sûr  l’heure du départ était prévue pour 8h du soir, mais bon faut pas trop compter sur la ponctualité égyptienne, on est donc arrivé à la gare routière vers 12h… Ensuite il faut attendre entre une et trois heures que le micro bus se remplisse, mais bon !!! Finalement, une heure plus tard on est déposé à une sortie d’autoroute. Jusque là tout va bien, le meilleur est à venir. On se retrouve donc au milieu du désert sur une route désertique en plein milieu de la nuit (c’est déjà ça, il fait bon au moins). Abdo m’apprend alors que la ferme se trouve à 10 kms… Bon allez, hop, on va pas se laisser abattre. Une deux, une deux… 1km à pied ça use, ça use… 1km à pied ça use les souliers !!! Une heure plus tard, on croise enfin un village qu’on rejoint en courant parce qu’on se faisait courser par les chiens fous du désert qui trainent un peu partout… On apprend de la bouche d’un insomniaque du village (il était 3h30 du mat’) que la ferme se trouve à 4 kms. Après des dizaines de vaines tentatives d’autostop, un camion rempli de foin à raz bord daigne enfin s’arrêter… Youpi !!! Y’a de la place que pour deux et on est cinq… Oooohhhh !!! C’est pas grave, ils ont l’habitude, on fourre tous les sacs plus deux personnes dans la cabine du camion, les autres vont à l’arrière du camion. Comme un couillon, je me dis que y’aura de la place à l’arrière du camion sinon pourquoi aller à l’arrière du camion. Effectivement y’avait de la pace… pour nos six pieds  sur le pare-chocs et nos six mains sur la barre en métal qui tente de retenir le foin dans le camion. Pas le temps de protester, le camion démarre !!!  Je m’accroche donc comme je peux et je prie pour que mes bras tiennent le coup jusqu’à notre destination. Je crois que ce sont les cinq minutes les plus stressantes et les plus longues  que j’ai jamais vécu de toute ma vie. Ouah, y’a pas à dire, niveau sensations fortes, c’est pas mal. C’est comme dans le petit train de la mine à Disneyland, sauf que là, la sécurité c’est pas trop ça. Je vous raconte pas la douleur dans les bras une fois qu’on est arrivé. J’en ai un peu voulu à Abdo sur le moment, je n’avais pas autant de facilité à me marrer que les deux potes qui étaient avec moi derrière et qui trouvaient ça vachement drôle. M’enfin, Abdo m’avouera plus tard qu’il avait les chocottes… Ca va pour cette fois, mais je me vengerai dans la piscine !!! Et oui, ça valait quand même le coup de venir jusqu’ici : Au sommaire du WE, énorme repas trop bon, gentiment préparés par la mère (tout aussi énorme, il faut l’avouer) de notre hôte, petits trots sur des purs-sangs arabes trop beaux et grand galop sur des petits ânes trop mignons… Et pour se remettre de ces émotions et de la chaleur ambiante, rien de tel qu’un bon plongeon dans la piscine !!! Voilà en résumé, ce fut un WE, très chargé en émotions, en rigolades et en calories… Pas très reposant mais vraiment enrichissant !!!

Sur ce, chers lecteurs je vous salue, et envoie à tous ceux qui le désirent de très chaleureuses embrassades et plus si affinité…


PS:  De magnifiques photos de mon WE vous attendent dans mon album Ratoba (ne vous moquez pas de mes copains égyptiens, ils sont juste enrobés comme dirait Obélix !!!)
Par Dawood
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Jeudi 20 septembre 2007

Voili, voila je suis enfin de retour au Caire et je peux donc donner un peu de nouvelles !!! Au sommaire d'aujourd'hui : Mon projet !!! Et oui, je suis aussi venu en Egypte pour faire autre chose que de bronzer au soleil et boire du thé sous les citronniers. Mon projet consiste en fait à faire pousser des légumes !!! Mais pas n'importe comment bien sur, le but du jeu est de comparer trois types de traitements différents : un traitement bio, a base de composte végétale et animal, un autre traitement bio avec en plus du composte des levures fermentes avec de la mêlasse et enfin un traitement conventionnel a base de tout plein de produits chimiques dangereux pour la santé (pas forcement celles des égyptiens d'ailleurs puisqu'ils exportent pas mal leur légumes, hehe !!!). Ensuite pour chaque traitement, on a deux niveaux: quantité simple ou double. Le problème, c'est que le docteur Rick y veut pas de produits chimiques dans son champs… Pas de problème, on agrandit le champs, c'est pas la place qui manque. Mais bon faut voir l'état du terrain vague que j'ai du transforme en champs. M'enfin après une semaine de travaux pharaoniques avec plus de 8 personnes a mes ordres : Tadada !!! J'ai un nouveau champs tout beau, presque propre !!! J'avais commence a planter mes concombres quand un éminent docteur es ''légumes'' venu me voir spécialement d'Alexandrie m'a dit que je devais tout reprendre depuis le début. On a donc adopte un split plot satistical design with 2 factors comme il dit (avec l'accent égyptien bien sur). Moi j'ai pas voulu le contrarie vu tous les diplômes qu'il m'a cite quand il s'est présenté. Moi mon background en légumes se résume a 5 semaines dans le Morbihan… La classe !!!

Du coup, on a tout rase les beaux sillons qu'on avait fait avec tout plein de bon fumier dedans et on a enlevé tous mes petits tuyaux d'irrigation. Mais bon au moins, je sais ou je vais maintenant et j'ai un appui de taille derrière moi !!!

Voila vous en savez un peu plus sur mon travail maintenant, je peux maintenant vous montrer quelques photos de mon boulot…

Par Dawood
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Vendredi 14 septembre 2007
Eh oui voici des nouvelles de votre anthropologue préféré en direct du pays des chamelles !!!

Le ramadan, c'est quand même une drôle d'épreuve :
C'est une épreuve de patience, en réalité pour montrer sa foi en Allah.
  • Ca demande donc quelques sacrifices :
    • Rien ne doit passer dans ta bouche de 4h du matin à 18h20, c'est à dire pas de miam-miam, pas de glouglou et pas de smoke-smoke !!! T'as quand même le droit de respirer...
    • Du coup les gens sont un peu misérable à la fin de la journée et un peu à cran; tu m'étonnes pas de thé, pas de clopes et pas d'eau alors qu'il fait 35° à l'ombre !!!
    • Mais à partir de 6h20 tout le monde rejoint sa famille et c'est la fête pour les papilles (quand on a une famille, ce que techniquement je n'ai pas vraiment ici !!! donc c'est un peu triste parfois...).
    • Ceci étant on peut quand même apprécié le calme qui survient après 6h20, en effet les puristes se mettent à prier pendant deux heures (je te dis pas le mal de dos à  se lever et s'agenouiller sans arrêt), les autres arrêtent toutes activités et mangent avec leur famille. Plus de bruit, plus de voitures juste le bruit des arroseurs du champs d'à coté ... Pschit, pschit, pschit, pschit ... C'est donc une bonne occasion pour observer un splendide coucher de soleil sur le desert environnant.
  • Malgrè tout, j'avoue que je ne tiens pas toute la journée sans manger et sans boire donc j'ai quand même le droit à un petit repas et ils m'en veulent pas si je bois un petit verre d'eau de temps en temps.
J'ai rencontré un type génial, un américain qui vit en Egypte depuis 2 ans et quelques mois, il travaille en  tant qu'anthropolgue sur les "news lands", ces sortes d'oasis au milieu du désert initiés par le gouvernement depuis quelques années. South Tahrir et les environs où je suis, sont issus de ce programme de repeuplement du désert. Son sujet de travail se trouve à 9h du Caire dans un petit coin du désert nommé Frafra et qui est magnifique parait-il, mais plutot pauvre car la colonisation ne date que d'une dizaine ou vingtaine d'années. Cette rencontre a donc été l'occasion de nombreuses discussions passionnantes sur les us et coutumes de nos chers amis Egyptiens. J'ai appris énormément de choses, toutes plus surprenantes les unes que les autres !!! Je vous en ferai peut-être part dans un article spécial hors série.

Voila pour les nouvelles, et pour ne pas vous laisser dans un monde noir et blanc, je vous envois une petite photo de mon pote Joseph et Hassan derrière, ingénieur responsable de l'irrigation... ainsi qu'une photo d'un de mes fruits préférés !!!


Par Dawood
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